Plusieurs études montrent une réduction spectaculaire du risque de certains cancers chez les personnes consommant régulièrement des légumes crucifères. Par exemple, chez les hommes consommant entre trois et cinq portions par semaine, le risque de cancer de la prostate est réduit de 40 %. Deux portions hebdomadaires de brocoli suffisent à faire baisser de 44 % l’incidence du cancer de la vessie. Chez les fumeurs, quatre portions et demie de crucifères crus par mois réduisent le risque de cancer du poumon de 55 %.
Les femmes ne sont pas en reste : une consommation hebdomadaire de légumes crucifères réduit le risque de cancer du sein de 17 à 50 %, selon les études. Ces variations sont en partie dues aux différences dans les méthodes de préparation (cru, cuit, frais ou congelé), qui influencent fortement la biodisponibilité des composés actifs.
Sulforaphane : un isothiocyanate d’exception
Le sulforaphane appartient à la famille des isothiocyanates, produits par la conversion d’un précurseur, la glucoraphanine, sous l’action de l’enzyme myrosinase — activée par la mastication ou le découpage du légume. Malheureusement, cette enzyme est très sensible à la chaleur prolongée. Les pousses de brocoli en contiennent jusqu’à 100 fois plus que le brocoli mature, ce qui en fait la meilleure source connue de sulforaphane.
Ce composé agit à différents niveaux : il empêche la formation de composés cancérigènes, protège l’ADN contre les dommages, et favorise la destruction des cellules cancéreuses. Chez les fumeurs, par exemple, cette action pourrait expliquer pourquoi une faible augmentation de la consommation de crucifères permet une réduction aussi marquée du risque de cancer du poumon.
Des expériences sur les animaux ont montré que 96 % des rats exposés à un agent déclencheur de cancer de la vessie développent des tumeurs, alors que ce chiffre tombe à 38 % chez ceux ayant reçu une dose élevée d’isothiocyanates. Des études humaines vont dans le même sens : quatre portions mensuelles de brocoli cru réduisent de 57 % la mortalité par cancer de la vessie.
Chez les hommes atteints de cancer de la prostate, une supplémentation de 60 mg de sulforaphane par jour (équivalente à 140 g de pousses fraîches) ralentit la croissance du marqueur tumoral PSA de 86 %. Une dose de 35 mg induit une réduction de 57 %, montrant que l’effet est dose-dépendant. Une étude pilote a également montré l’accumulation de sulforaphane dans les tissus mammaires après ingestion d’un extrait de pousses de brocoli, accompagné d’une hausse du gène protecteur NQO1, impliqué dans la stabilisation du gène suppresseur de tumeur p53.
Détoxification des composés cancérigènes
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