Petite, je me souviens avoir été intriguée par une cicatrice sur le bras de ma mère. Placée haut sur son épaule, elle formait un cercle mystérieux, marqué par une grande entaille centrale. Je ne comprenais pas pourquoi elle m’attirait autant, mais cette marque semblait raconter une histoire enfouie dans le passé. Ce n’est que bien des années plus tard, en croisant par hasard une femme portant la même cicatrice, que ma curiosité s’est ravivée. Mais quelle en était l’origine ?
Un vaccin qui a changé l’histoire

La réponse résidait dans un moment clé de l’histoire médicale : le vaccin contre la variole. Jusqu’aux années 1970, ce vaccin était administré à tous les enfants pour combattre une maladie virale dévastatrice. La variole, avec ses éruptions cutanées et ses fièvres mortelles, tuait près de 30 % des malades. Ceux qui en réchappaient étaient souvent défigurés à vie.
Grâce à une campagne mondiale de vaccination, la variole a été éradiquée. En France, comme ailleurs, les enfants vaccinés portaient une cicatrice bien visible sur le haut du bras, une preuve indélébile de leur immunité, presque un « passeport vaccinal » avant l’heure.
Pourquoi ce vaccin laissait-il une cicatrice ?

Contrairement aux vaccins modernes, celui contre la variole était administré avec une aiguille bifurquée, un outil spécial qui piquait la peau plusieurs fois. Ce procédé unique permettait d’introduire le vaccin directement dans le derme, provoquant une réaction locale spectaculaire.
Après l’injection, des bosses rouges apparaissaient, évoluaient en cloques, puis en croûtes. Une fois ces croûtes tombées, elles laissaient une marque circulaire permanente. Cette cicatrice, commune à toute une génération, est devenue un symbole du triomphe de la médecine sur une maladie autrefois incurable.
Une relique visible d’un combat victorieux
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